Le Point de vue de la Roche Percée ou la légende du gros brochet et du quinquet de la roche percée
  • Le Point de vue de la Roche Percée ou la légende du gros brochet et du quinquet de la roche percée

Le Point de vue de la Roche Percée ou la légende du gros brochet et du quinquet de la roche percée


B-6830 Les Hayons (Bouillon)

De nombreuses promenades balisées et aménagées feront découvrir aux randonneurs, cavaliers et vététistes de superbes points de vue sur la Semois. Jadis, cette région fut fréquentée par les sorcières et les fées et de nombreux endroits rappellent leur existence : la roche de la fée Namousette, le Hultai, la Roche à Colas, le Saut des Sorcières … L'histoire du gros brochet et du quinquet de la roche percée n’est pas à proprement parler une légende. Toutefois elle a acquis une certaine notoriété puisqu’elle a été adaptée dans plusieurs autres endroits ; à Bouillon, notamment, avec d’autres truculents personnages du cru.

Dans ses mémoires d’un vieux chêne, Victor Wauthoz raconte une savoureuse partie de pêche :
Sous les pentes du plateau du Hultai, près de la Roche Percée, la Semois a creusé un gouffre profond, refuge des poissons qui ne veulent pas lutter inutilement contre les courants violents. A l’heure des grosses eaux, les pêcheurs remplissent leurs bourriches puis entreprennent, le dos voûté, la remontée de la côte jusqu’au village d’Auby. C’est là qu’autrefois, au Café de la Grotte Saint Remacle, ils se rencontraient pour montrer le produit de leurs exploits en buvant du péket. Un jour où les eaux s’étaient retirés, clarifiées, et que le vent était passé à l’est – ce qui signifie pour les habitués de la Semois que le poisson, engourdi, ne mord pas et qu’il vaut mieux rester chez soi -, deux jeunes gens furent tentés par les captures miraculeuses dont ils avaient eu écho. Ils arrivèrent en même temps sur le pré et tendirent immédiatement leurs lignes sans même s’être salués. On sait, à la pêche, que tout voisin est encombrant…
Jusque midi, pas une touche ! Ni l’un ni l’autre n’avaient encore ouvert la bouche. Au bout d’un moment, l’un dit : « Il y a quinze jours, à cette même place, je sortis un brochet de vingt livres avec une gueule grande comme çà ». L’autre s’obstina dans son mutisme. Ils continuèrent à observer les bouchons.
Dans la deuxième moitié de l’après-midi, l’autre pêcheur se décida à rompre le silence : « La semaine dernière », lui dit-il, « le bouchon fonça brutalement ; je ferrai et sentis une forte résistance. Je tirai à droite, à gauche, vers moi. Je recommençai maintes fois la manœuvre ; enfin cela vint ! Sacrée désillusion ! Ce n’était pas un brochet, mais un quinquet. Et mon étonnement fut d’autant plus grand que le quinquet était allumé ».« Félicitations », dit l’autre pêcheur.
Vint le crépuscule. Il fallut plier les cannes, se séparer et regagner Bertrix. Au moment de se saluer, l’homme du brochet dit à son compagnon, aussi bredouille que lui : « J’accepte de ramener le poids de mon brochet à 5 livres, mais en guise de concession, tu éteindras ton quinquet ».
(source texte : leshayons.com)

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